| BIOMASSE2020 |
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| Categorie : Economie |
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| Derniere mise à jour : 15/03/2008 |
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| BIOMASSE ELECTRIQUE |
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Biomasse électrique : approvisionnements sous haute tension
Pour assurer la sécurisation de l'approvisionnement électrique et atteindre l'objectif de 21% d'électricité issu d'énergie renouvelable fixé en 1999 par l'Europe, la France met en œuvre depuis 2001 une programmation pluriannuelle des investissements de production d'électricité (PPI). Constatant que le marché ne répondait pas spontanément aux besoins dans le cadre des tarifs de rachat, la commission de régulation de l'énergie(CRE) lance des appels d'offre pour la construction de centrale électrique autorisant des tarifs de rachat plus avantageux.
Un premier appel d'offres avait été lancé en 2004 pour des unités de production d'une puissance supérieure à 12 MW. Quatre ans plus tard la biomasse n'a encore produit aucun Watt alors que les centrales devaient entrer en fonctionnement début 2007. Pour les centrales utilisant des résidus (papeterie, viticulture, biogaz de décharge) cela ne devrait plus tarder, en revanche la plus grande incertitude concerne les centrales alimentée au bois. Déjà le projet de la société EBV de Moissannes est abandonné. Dans les Vosges les deux projets de centrales de la société SOFFIMAT à Arches et à Eloyes, ont reçu le 19 novembre 2007 un avis défavorable de la part du préfet des Vosges au grand damn de l'industriel. « Les élus locaux nous ont encouragés à venir, l'état nous a donné les premières autorisations, nous avons acheté les terrains un bon prix et aujourd'hui le préfet nous interdit de construire. Nous avons déjà investi plus de 15 millions €. Nous irons devant le tribunal administratif pour réclamer notre dû», informe Vincent Noyé à la direction de Soffimat. Un échec de ses projets vosgiens pourrait entraîner dans sa chute le projet Corrézien puisque identiques, les installations partageaient les coûts de développement.
Parmi tous les arguments avancés pour alimenter le refus, la question de l'approvisionnement est sans nul doute le plus sensible. « Notre arrivée gêne des intérêts locaux », explique Vincent Noyé. Ce qui est probable. Mais il n'y a rien d'illégitime à ce que ces acteurs locaux s'inquiètent de l'impact d'un prélèvement de 400 000 m3 de bois et produits connexes. A l'évidence le ministère de l'industrie et la CRE auront découvert que la biomasse forestière Vosgienne n'était pas infinie.
Ne pas confondre biomasse et masse électrique ?
« Pour le second appel d'offre l'approvisionnement sera le principal critère de choix», indique Pascal Dupuis sous-directeur à la Dideme au ministère de l'industrie. Le sujet a été étudié par les préfectures qui ont mis en place des comités départementaux d'évaluation des capacités d'approvisionnement. Le Cemagref a refait les calculs de l'Ademe pour évaluer les réserves forestières disponibles dans chaque région et annonce un résultat national de 18 Millions de m3 (cf. carte).
56 dossiers ont été remis dans les délais à la CRE au mois d'Aout 2007 pour une puissance cumulée de 692 MW, pour 300 MW de puissance cumulée demandée. « Dans l'ensemble les dossiers ont de bons plans d'approvisionnement », note Pascal Dupuis. Ce second appel d'offre demandait des centrales de plus petite capacité et imposait le principe de la cogénération (principalement 5 à 9 MW). « Comme il existe des difficultés à vendre la chaleur, le prix du kW nécessaire à amortir l'investissement plus important est nécessairement plus cher», annonce à la Soffimat, Vincent Noyé. Le ministère de l'industrie semble vouloir prendre les devants « Si le prix de rachat demandé par l'industriel est trop cher, le ministre peut retenir moins de dossier que la puissance cumulée demandée », prévient Pascal Dupuis. Jean-Louis Borloo devrait donner ses réponses après les élections municipales et les résultats devraient être publiés dans le Journal officiel au mois d'avril.
FRANCOIS DELAUNAY