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| Le plus beau pays le Maroc | |||
| Le Maroc est un pays très beau, moi je l'aime beaucoup. Le Maroc est un pays situé au nord-ouest de l’Afrique appartenant au Maghreb. Il est bordé par l’océan Atlantique à l’ouest, par le détroit de Gibraltar et la mer Méditerranée au nord, par l’Algérie à l’est et par la Mauritanie au sud, au-delà du Sahara occidental. Le Maroc a pour capitale Rabat. الله، الوطن، الملك | |||
| Categorie : Histoire |
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| Derniere mise à jour : 04/09/2007 |
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| HISTOIRE |
| 1. | Les origines |
Le Maroc est riche en vestiges paléolithiques (galets aménagés, bifaces acheuléens, faciès moustériens), dont des pointes atériennes spécifiques de l’Afrique du Nord (jusqu’à moins 10 000 ans environ) et du Sahara.
Les populations qui s’installent peu après dans la région sont probablement originaires d’Europe et d’Asie, et donnent naissance aux ancêtres des Berbères. On sait peu de choses de ces peuples, dont la langue dite libyque est quasi indéchiffrable et présente des similitudes avec le Tifinagh des Touareg.
L’histoire du Maroc est d’abord celle d’établissements étrangers dans les zones littorales ; les Phéniciens fondent des comptoirs de commerce sur la côte méditerranéenne d’Afrique du Nord au VIIe siècle av. J.-C. sur des sites portant des noms d’origine berbère et devenus de grands ports, tels Tingi (Tanger), Casablanca ou Russadir (Melilla). Bien que l’on attribue aux Carthaginois l’introduction du fer et la culture de la vigne, la civilisation phénicienne reste marginale, et son influence semble ne pas avoir beaucoup pénétré à l’intérieur des terres où des royaumes berbères sont fondés : celui de Maurétanie, apparu au IVe siècle av. J.-C. dans le nord du Maroc, et celui des Masaesyles, à l’est.
| 2. | Rome et Byzance |
La conquête de Carthage par l’Empire romain au IIe siècle av. J.-C. assure aux Romains la domination de tout le littoral africain baigné par la Méditerranée jusqu’au détroit de Gibraltar.
De cette époque date pratiquement le partage territorial du Maghreb entre ce qui, plus tard, allait devenir le Maroc et l’Algérie. Les Romains s’allient avec Bocchus, le roi berbère qui règne sur toute la région à l’ouest de la Moulouya, pour briser la résistance de son gendre Jugurtha, qui domine l’Algérie. Jugurtha est vaincu définitivement en 105 av. J.-C. Durant la période romaine, la région est mise en valeur : des routes sont construites, des villes, telle Volubilis, sont fondées. L’agriculture se développe, tandis que le commerce prospère.
De 25 à 23 av. J.-C., Juba II, un souverain berbère, administre la Maurétanie (Algérie, Maroc). Vers 42 apr. J.-C., l’empereur Claude Ier annexe l’ensemble de la Maurétanie à l’Empire romain ; elle est divisée en deux provinces, séparées par la Moulouya : la Maurétanie Tingitane (de Tanger), correspondant au Maroc actuel, et que dirige le fils de Juba, Ptolémée, et la Maurétanie Césarienne (l’Algérie). Les Romains, qui ne contrôlent véritablement que la partie septentrionale du pays (Volubilis) en raison de l’hostilité des montagnards berbères, se replient sur la région de Tanger, qui est rattachée, sous le règne de Dioclétien, à l’Espagne méridionale (285).
En 429, le Maroc subit l’invasion des Vandales, qui se fondent dans les populations locales. Le général byzantin Bélisaire reprend la région en 533 et y impose les lois de l’Empire byzantin. Néanmoins, cette reconquête est limitée dans l’espace, seul le Nord est solidement tenu.
| 3. | La conquête arabe |
Après la conversion de l’empereur Constantin Ier le Grand, au IVe siècle, le christianisme s’est développé dans les régions romanisées, c’est-à-dire essentiellement les villes et les plaines côtières. Cependant, ces régions qui supportent mal l’omnipotence des fonctionnaires de l’Empire et l’extrême centralisation du système, vont faire bon accueil aux idées d’indépendance financière et commerciale apportées par l’islam.
Il semble que, dans leur offensive contre les Byzantins, les troupes arabo-musulmanes conduites par Oqba ibn Nafi atteignent l’Atlantique dès 681. Mais les tribus berbères montagnardes (confédération des Masmouda, établis dans le Haut-Atlas occidental, l’Anti-Atlas, le Rif et les plaines atlantiques, des Sanhadja, du Moyen-Atlas, et des Zenata, du Maroc oriental), qui n’ont pas plus accepté la domination de Byzance que celle de Rome, les obligent à se replier.
La véritable conquête commence une vingtaine d’années plus tard, entre 705 et 707, sous la direction de Musa ibn Nuşayr qui sait habilement jouer des clivages entre tribus berbères. Prônant l’égalité entre tous les croyants, les tenants de la nouvelle religion manquent de cadres administratifs ; ils les trouvent souvent chez les « mawalis » (affranchis, clients), lettrés chrétiens et juifs autochtones, des Berbères pratiquant le judaïsme, dont beaucoup finissent par se convertir, échappant ainsi à l’imposition qui touche les « dhimmis » — les gens du Livre, chrétiens et juifs, protégés par l’islam, mais soumis à des taxes pour compenser l’interdiction qui leur était faite de porter les armes. L’implantation arabe est cependant longue et difficile.
Plusieurs dynasties musulmanes, se référant pour des raisons religieuses et de prestige à une origine arabe, règnent alors sur le pays. Pourtant, la résistance à l’islamisation et à la domination arabe est vive dans certaines régions berbères. Elle prend notamment la forme du kharijisme, un mouvement musulman contestataire et égalitaire s’appuyant sur une stricte lecture du Coran et récusant le mode de succession du califat, qui privilégie l’appartenance à la lignée du Prophète ou à celle des premiers compagnons (Ansars). En 742, une révolte ébranle les montagnes marocaines. Dans le Tafilalet (région actuelle d’Erfoud, dans le Sud-Est), un royaume kharijite subsiste longtemps avec pour capitale Sijilmassa, comptoir commercial au croisement des routes d’échanges entre les empires de l’Afrique noire — Ghana puis Mali — et le monde musulman.
En 788, Idris Ier, descendant d’Ali, gendre du Prophète, qui a fui l’Arabie, fonde la dynastie des Idrissides. C’est de cette époque que date la fondation de la ville de Fès, qui devient un important centre religieux et intellectuel sous le règne d’Idris II. À sa mort en 828, le royaume idrisside entre dans une période de déclin. Alors que l’Est subit les raids des nomades, les Fatimides chiites d’Égypte et les Omeyades de Cordoue, profitant des divisions internes qui affaiblissent la dynastie, rivalisent pour étendre leur domination sur le Maroc. Les Fatimides portent le coup fatal à la dynastie idrisside en 917 ; le redressement se produit depuis le Sahara.
| 4. | Les premières dynasties berbères |
Les Almoravides (de l’arabe al-Murabitun ; le murabit est celui qui pratique la défense de l’islam par les armes et mène une vie pieuse, les ribat sont des couvents fortifiés installés sur la ligne de front entre l’islam et les non-musulmans), guerriers rigoristes de l’islam, dont le mouvement est né dans le sud de la Mauritanie actuelle parmi les nomades Sanhadja, vont dominer la région à partir de 1062, date à laquelle ils fondent Marrakech, au carrefour des routes commerciales entre le monde arabe et le Sahara. Leur expansion se fait à la fois en direction de l’Espagne musulmane, où ils ont été appelés par une des factions musulmanes au pouvoir, et de l’Afrique noire. En 1086, ils battent, à Zellaca, le roi Alphonse IV. Au sud, ils emportent, en 1077, une victoire décisive sur l’empire du Ghana, prenant ainsi le contrôle du commerce de l’or.
Au début du XIIe siècle, l’empire almoravide comprend l’Espagne musulmane, le Maghreb occidental et central ainsi que le Sahara. Mais un nouveau mouvement réformateur, lancé par Ibn Tumart dans la première moitié du XIIe siècle, se dresse contre eux. Ce dernier lutte contre toute déviation et prêche l’unicité de Dieu. La venue au pouvoir de ses disciples, les Almohades (de l’arabe al-muwahhidun, les Unitaires) en 1147, marque le triomphe des Berbères sédentaires de l’Anti-Atlas sous l’égide d’Abd al-Moumin (1130-1163). À l’apogée de leur puissance, les Almohades exercent leur autorité sur l’actuelle Algérie, la Tunisie, la Libye, ainsi que sur une partie du Portugal et de l’Espagne. Le Maghreb musulman en profite pour se libérer également de la tutelle de l’Orient.
En 1212, la bataille de Las Navas de Tolosa, sur le sol espagnol, au cours de laquelle les armées chrétiennes vainquent les troupes musulmanes, marque le début du déclin des Almohades et de l’Espagne musulmane. Les Beni Merin, des Berbères arabisés qui ont été poussés vers le sud du Maroc par les invasions arabes, en profitent pour se soulever. En 1269, les Mérinides parviennent à s’imposer sur le trône ; ils fixent leur capitale à Fès, qu’ils font doubler par une nouvelle cité, Fès el-Djedid (Fès-la-Neuve). Les Mérinides ne peuvent cependant maintenir l’empire maghrébin des Almohades. Ils perdent le contrôle des routes sahariennes et s’engagent dans de coûteuses opérations militaires dans la péninsule Ibérique, luttant contre l’avancée des princes chrétiens ou prenant parti dans les conflits entre princes musulmans. La Reconquista (« reconquête ») gagne bientôt le territoire marocain lui-même. Espagnols et Portugais se partagent les côtes en zones d’influence : les rivages méditerranéens reviennent à l’Espagne, et le littoral atlantique échoit au Portugal. En 1415, le port de Ceuta est pris aux musulmans andalous par les Portugais ; Melilla tombe aux mains des Espagnols en 1497.
| 5. | Les dynasties chérifiennes |
La progression des Européens provoque le sursaut des Beni Saad (ou Saadiens). Se réclamant de la lignée du Prophète, ces chérifs, ou chorfas (titre donné par les musulmans aux descendants de Mahomet par Ali et Fatima), sont établis au sud, dans la vallée du Sous, autour de Taroudant. Ils mènent la guerre sainte (voir Djihad) contre les Portugais, qu’ils chassent d’Agadir en 1541, puis de Safi. Ils s’attaquent ensuite aux successeurs des Mérinides, les Wattassides. En 1549, ils s’emparent de Fès. Les Wattassides demandent l’aide des Turcs présents en Algérie, mais les Saadiens se rendent maîtres du pays en 1554.
Prudents, les sultans saadiens adoptent une politique d’équilibre entre les Turcs ottomans et les Occidentaux. En 1591, les Saadiens, souhaitant obtenir les mines de sel du Sahara et l’or du Soudan, lancent une expédition à travers le désert contre l’Empire songhaï, établi dans la vallée du Niger. Le sultan Ahmad al-Mansur n’en retire pas l’argent espéré, mais, par la suite, les nationalistes marocains vont s’appuyer sur cette conquête pour revendiquer toute la région comprise entre le Maroc et les rives septentrionales du Niger (Nord-Mali) et du Sénégal (Mauritanie). Le pays bénéficie de l’immigration de près d’un million de morisques (voir Maures) et de juifs expulsés d’Espagne après 1492. Le Maroc saadien est unifié et relativement prospère ; l’architecture et les arts marocains connaissent un essor notable à cette époque.
Peu après l’arrivée des premiers Saadiens d’Arabie, des immigrants se réclamant de la descendance d’Hassan, l’un des deux fils d’Ali, se sont installés dans le Tafilalet, aux portes du désert. Utilisant le prestige que leur accorde cette ascendance alaouite, ils s’appuient sur le désir d’indépendance des habitants de la région pour se poser en prétendants au trône. En 1664, Moulay Rachid fonde la dynastie alaouite, qui règne encore de nos jours sur le Maroc.
La dynastie connaît son apogée sous Moulay Ismaïl (1672-1727), le bâtisseur de Meknès. Il s’engage dans la reconquête du pays sur les chrétiens (Espagnols et Portugais occupant des ports) et mène la lutte contre les Ottomans. Son règne est suivi d’une longue période de rivalités familiales, ponctuées de brefs interludes de paix et de prospérité relatives.
À la fin du XVIIIe siècle, seul le tiers septentrional du Maroc reste sous l’administration du sultan : c’est le Bled el-Maghzen, pays soumis à l’impôt, donc à l’autorité chérifienne, tandis que le reste du pays se trouve en situation de quasi-insoumission (Bled el-Siba, « pays de la dissidence »).
| 6. | L’intrusion européenne |
Les puissances européennes, qui luttent en Méditerranée contre les Ottomans et les pirates des États barbaresques, profitent de l’affaiblissement du royaume chérifien pour signer des traités commerciaux à leur avantage : la France, en 1767, et le Royaume-Uni, en 1792, obtiennent le libre passage du détroit de Gibraltar et la liberté de commerce. L’occupation française d’Alger, en 1830, provoque une réaction nationaliste au Maroc voisin. Le sultan Abd al-Rahman apporte son soutien à l’émir Abd el-Kader, qui dirige la résistance depuis l’Oranie. En tentant de reprendre Ceuta et Melilla, les Marocains déclenchent en retour une expédition espagnole qui s’empare de Tétouan, en 1860. L’affaiblissement du Maroc, contraint par ailleurs de payer d’importants dommages de guerre, attise les rivalités européennes.
Entre 1900 et 1903, la France occupe les confins marocains. En 1904, la France, la Grande-Bretagne et l’Espagne concluent des accords qui préparent un partage du Maroc. L’Espagne étend son influence sur le Rif, dans l’arrière-pays de Ceuta et de Melilla ; l’Angleterre renonce à ses visées sur le reste du pays au bénéfice de la France, en contrepartie de l’abandon de celles de la France sur l’Égypte. Mais l’Allemagne, se sentant lésée dans ce partage colonial, décide d’intervenir. Le 31 mars 1905, le kaiser Guillaume II rend visite au sultan à Tanger, lui affirmant sa volonté de soutenir l’indépendance marocaine. La tension entre la France et l’Allemagne est portée à son comble. L’année suivante, la conférence d’Algésiras place le pays sous contrôle international, et en 1909, Français et Allemands s’entendent pour signer une convention de partage économique du Maroc. Pourtant, en 1911, éclate une nouvelle crise, l’incident d’Agadir. Le sultan Moulay Hafiz, assiégé dans Fès par des tribus berbères révoltées, a fait appel à la France. L’Allemagne, opposée à une intervention française, dépêche immédiatement une canonnière dans le port d’Agadir. La crise trouve rapidement une solution politique : en échange d’une partie du territoire du Congo français frontalière du Cameroun, alors possession allemande, l’Allemagne abandonne ses prétentions au Maroc, laissant désormais le champ libre à la France.
| 7. | Le protectorat français |
Le 30 mars 1912, le sultan reconnaît le protectorat français. L’Espagne obtient pour sa part le contrôle de la région du Rif et de l’enclave d’Ifni. Contre ce nouvel état de fait, des émeutes éclatent en différents points du pays. Moulay Hafiz abdique en faveur de son frère Moulay Youssef, et la pacification du pays débute sous la conduite du général Lyautey. Marrakech est occupée en septembre 1912, et Agadir l’année suivante. Jusqu’en 1925, Lyautey, nommé résident général, s’efforce de mener une politique respectueuse envers les habitants du Maroc, pays qu’il s’attache à valoriser en développant ses infrastructures (routes, voies ferrées, ports).
Mais le Rif est ébranlé, de 1921 à 1926, par la révolte d’Abd el-Krim. La longue guerre du Rif ne peut être matée que par une alliance militaire franco-espagnole dirigée par le maréchal Pétain, à la tête d’une force de près de 100 000 hommes ; le Haut-Atlas n’est soumis officiellement qu’en 1934. La vallée du Draa et les oasis du sud restent encore longtemps en état de dissidence larvée : on estime qu’entre 1921 et 1934 la conquête du Maroc coûte la vie de 27 000 hommes à la France (métropolitains et troupes africaines).
En 1930, la France, qui souhaite mettre en place une administration plus directe, à l’image de celle qui existe en Algérie, tente de désarmer les Berbères en publiant le « dahir berbère », manifeste qui reconnaît leur spécificité (langue, lois coutumières) par rapport à l’administration arabe. Ce texte entraîne la première réaction nationaliste des milieux arabisés, qui accusent la France de vouloir diviser le pays pour mieux asseoir son autorité. C’est d’ailleurs à la même époque que se constitue le Comité d’action marocaine, le premier parti politique réclamant la fin de l’administration directe.
| 8. | La lutte pour l'indépendance |
La défaite française de 1940 renforce les espoirs des nationalistes. La figure principale du nationalisme marocain, Allal al-Fasi, va donner ses fondements idéologiques au parti de l’Indépendance, l’Istiqlal, branche dissidente du Comité d’action marocaine, fondé en 1943 avec Ahmed Balafrej.
Un an auparavant, en novembre 1942, les troupes américaines ont débarqué au Maroc ; le pays devient alors une base stratégique pour les Alliés jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et les troupes marocaines, intégrées à l’armée française, participent aux opérations de la fin du conflit (campagnes d’Italie, de France, d’Allemagne).
À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, la poussée nationaliste se fait plus pressante. Le sultan Mohammed Ben Youssef profite de la célébration du vingt-cinquième anniversaire de son accession au trône pour revendiquer l’indépendance du Maroc. Il manifeste sa volonté de résistance en refusant de signer un certain nombre de dahirs (textes de loi) alors que le poids de l’administration, placée sous l’autorité du général Juin, se fait de plus en plus sentir. Les autorités françaises, en accord avec Hadj Thami el Glaoui, beau-frère du sultan et pacha de Marrakech, considéré comme l’un des plus puissants « féodaux » de l’époque, organisent, à l’issue d’un complot fomenté à Marrakech, un semblant de rébellion qui conduit à la destitution du sultan en août 1953. Celui-ci, exilé, est remplacé à ce poste par une personnalité sans relief et âgée, Ibn Arafa. L’activisme nationaliste des « autorités » en place se double alors de celui de nouvelles formations, au premier rang desquelles l’Istiqlal. Cependant, la France, qui est engagée dans la guerre d’Algérie, doit également faire face à la révolte nationaliste en Tunisie et sort à peine de la guerre en Indochine. Elle décide alors de s’orienter vers une solution politique : le sultan, dont l’exil n’a fait que conforter la légitimité et grandir le prestige international, est rappelé au Maroc. Revenu dans son pays, il est reçu et acclamé par une foule de plus d’un million et demi de personnes. Le gouvernement d’Edgar Faure négocie les modalités de la déclaration de La-Celle-Saint-Cloud (novembre 1955), qui débouche sur l’indépendance du pays le 3 mars 1956 ; Madrid reconnaît celle du Maroc espagnol le 7 avril ; Ceuta, Melilla et Ifni demeurent cependant des enclaves espagnoles. Le statut international de Tanger, institué en 1923, est aboli le 21 octobre. En août 1957, le sultan, jouissant d’une immense popularité, est proclamé roi du Maroc, sous le nom de Mohammed V.
| 9. | L’unification et les débuts du conflit au Sahara-Occidental |
Malgré la pression des nationalistes, Mohammed V accepte l’indépendance d’un pays amputé des enclaves espagnoles et ne comprenant pas les territoires que les nationalistes, au nom de l’histoire, estiment marocains : tout le Sahara jusqu’au Niger et au Sénégal, autrement dit, la région de Tindouf, qui fait partie de l’Algérie française, le nord de l’actuel Mali jusqu’à Tombouctou, la Mauritanie et le Sahara espagnol. Le roi n’y renonce pas définitivement mais considère que l’indépendance immédiate est préférable.
L’Istiqlal crée, dans le Sud, une armée de libération marocaine comprenant des Mauritaniens et des Sahraouis, membres de tribus nomadisant à travers ces territoires et partisans d’un « Grand Maroc ». Cette armée irrégulière envahit le nord de la Mauritanie en 1960, au moment de son indépendance, puis, en janvier 1969, contraint les Espagnols à évacuer l’enclave d’Ifni. Mais cette armée est devenue incontrôlable et est dissoute par le roi, ce qui suscite un vif mécontentement parmi ses membres sahraouis, dont le territoire est toujours occupé par l’Espagne : ils deviennent les premiers cadres du Front populaire pour la libération de la Saguia el-Hamra et du Rio de Oro (front Polisario), qui mène la lutte pour l’indépendance du Sahara espagnol, mais hors de l’État marocain.
Le contentieux sur la frontière entre l’Algérie et le Maroc, à partir de 100 km au sud d’Oujda, a été mis en sommeil, d’un commun accord entre les deux parties jusqu’à l’indépendance algérienne. En 1962, dès que celle-ci est acquise, les relations s’enveniment entre les voisins maghrébins. La « guerre des sables », en 1963 et 1964, oppose en fait deux régimes, l’un monarchique et intégré au camp occidental, l’autre révolutionnaire et non-aligné. L’Algérie appuie les revendications sahraouies pour s’aménager une éventuelle fenêtre sur l’Atlantique et empêcher la constitution d’un grand ensemble territorial concurrent en Afrique du Nord.
| 10. | Le règne d’Hassan II (1961-1999) |
| 1. | Un pouvoir personnel sans partage |
En 1959, l’Istiqlal a éclaté, et son aile gauche, conduite par Mehdi Ben Barka, a fondé l’Union nationale des forces populaires (UNFP), revendiquant auprès du roi une plus grande démocratisation. Le roi Hassan II, qui a succédé à Mohammed V à la mort de ce dernier, en février 1961, signe une charte royale, instituant une monarchie constitutionnelle approuvée, en décembre 1962, par un référendum boycotté par l’UNFP. De violentes manifestations obligent le pouvoir à se séparer du gouvernement, trop conservateur. Cependant, en juin 1965, après des émeutes populaires sévèrement réprimées, le roi suspend le Parlement et assume les pleins pouvoirs, occupant également la fonction de Premier ministre. À la fin de l’année éclate l’« affaire Ben Barka », et la disparition, après son enlèvement à Paris, du dirigeant de l’UNFP, vraisemblablement assassiné, oppose durablement la gauche au souverain.
Le roi soutient la cause arabe en 1967 lors de la guerre contre Israël et s’emploie à consolider l’unité arabe, en fondant le comité Al-Quds (nom arabe de Jérusalem) en faveur du retour de la Ville sainte à l’islam, tout en nouant des relations discrètes avec les Israéliens. En 1970, un nouveau référendum constitutionnel renforce les pouvoirs de l’exécutif. En 1971, à Skirat, et en 1972, au cours d’un voyage aérien, Hassan II échappe à deux attentats, dont le dernier a été fomenté par le général Oufkir, qui est exécuté.
| 2. | L’union sacrée de la reconquête du Sahara-Occidental |
Le souverain s’engage dans le processus de récupération du Sahara-Occidental. En 1974-1975, le Maroc exerce de fortes pressions sur l’Espagne afin qu’elle renonce à son territoire saharien. Cette cause établit autour d’Hassan II l’union sacrée en réunissant toutes les forces populaires et politiques du pays, jusqu’au Parti communiste : en novembre 1975, une « marche verte » entraîne 350 000 Marocains jusqu’au Sahara-Occidental. Les Espagnols quittent la région en 1976 et cèdent les deux tiers nord de leur colonie au Maroc et le tiers sud à la Mauritanie. Celle-ci se retire du conflit en 1979, et le Maroc occupe le territoire abandonné.
En 1988 s’amorce le rapprochement avec l’Algérie, qui représente un important marché pour les céréales marocaines et qui se concrétise l’année suivante par la création de l’Union du Maghreb arabe (UMA). Dans ce contexte, le dossier du conflit du Sahara-Occidental, dans lequel l’Algérie est le soutien traditionnel du front Polisario, peut également progresser : le Maroc, qui a quitté l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1984 à la suite de l’admission du front Polisario, accepte en 1988 un plan de paix de l’Organisation des Nations unies (ONU) recommandant la tenue d’un référendum d’autodétermination sous contrôle international.
L’unité nationale réaffirmée lors de la marche verte de 1975 est cependant ébranlée dès 1981, lorsque l’augmentation des prix des produits de base déclenche de nouvelles émeutes à Casablanca — cette cité tentaculaire a vu sa population augmenter de près d’un million d’habitants en quatre ans, en raison de l’exode rural et de l’extension des cultures industrielles au détriment des cultures vivrières. Face au malaise social et confronté aux critiques nationales et internationales concernant les violations des droits de l’homme, Hassan II multiplie, en vain, les offres d’ouverture vers l’opposition.
| 3. | La montée de la contestation et la libéralisation du régime |
Aux contestations républicaines s’ajoute, au cours de la même période, l’essor d’un mouvement islamiste. Commandeur des croyants, descendant du Prophète et fondateur du comité Al-Quds, Hassan II s’emploie à neutraliser les islamistes sur leur terrain en lançant la construction d’une immense mosquée à Casablanca dotée d’un minaret de 172 m (le « Phare de l’islam »), inaugurée en 1988. Après de nouvelles émeutes populaires à Fès, en 1990, Hassan II gracie, en 1991, 2 000 détenus, dont des prisonniers sahraouis, et fait libérer les 32 derniers prisonniers du bagne de Tazmamart, qui est rasé. En juillet 1994, une nouvelle grâce royale est accordée et, en juin 1995, après vingt-neuf ans d’exil, l’opposant Mohamed Basri, l’un des fondateurs de l’UNFP, est autorisé à rentrer dans son pays.
Cette libéralisation, jugée encore insuffisante par l’opposition, s’accompagne de négociations avec l’Union européenne (UE). Rejetant le raidissement dictatorial qui marque l’Algérie et l’immobilisme politique de la Tunisie et de la Libye, le royaume chérifien signe en novembre 1995 avec l’Union européenne un important accord de libre-échange qui concrétise le souhait du Maroc de jouer le rôle d’un pont entre l’Europe et l’Afrique. L’autre volet de cette politique est la volonté désormais affirmée du roi Hassan II de régler sa succession. En 1996, le roi désigne son fils aîné, le prince héritier Sidi Mohammed, comme son successeur au trône. Parallèlement, il s’attache à consolider la démocratisation du régime dans le cadre de la monarchie en élaborant une charte constitutionnelle (février 1997) entérinée par l’opposition unie dans le Bloc démocratique. Les élections législatives de novembre 1997, entièrement issues du suffrage universel donnent la victoire à l’USFP, et son leader Abderrahmane Youssoufi est nommé Premier ministre (mars 1998) pour engager l'« alternance ». Miné par la maladie, le souverain s’attache à régler la question des « disparus », qui jette une ombre sur son règne.
En dépit d’un accord conclu en septembre 1996 entre le Maroc et le front Polisario prévoyant un échange de prisonniers et la libération de détenus politiques et réaffirmant la tenue d’un référendum d’autodétermination, la situation au Sahara-Occidental demeure bloquée : le référendum ne cesse d’être différé, les parties ne s’entendant pas sur l’identification des votants.
| 11. | Le règne de Mohammed VI (1999- ) |
| 1. | Les premiers pas du nouveau monarque |
Le décès d'Hassan II, le 23 juillet 1999, survient alors qu'une rencontre est annoncée entre le souverain chérifien et le nouveau président algérien Abdelaziz Bouteflika, destinée à aborder les questions en suspens entre les deux pays, en particulier celle du Sahara-Occidental. Son fils aîné Sidi Mohammed, âgé de 36 ans, monte sur le trône sous le nom de Mohammed VI. Les chantiers auxquels le nouveau souverain doit faire face portent surtout sur la lutte contre la pauvreté, la santé, l'alphabétisation (le taux d’analphabétisme dépasse les 50 p. 100), la réforme de l'administration et de la justice, qui reste liée au problème de la corruption, la montée de l'islamisme, dont le leader, Cheik Yassine défie le pouvoir, et la question épineuse du Sahara-Occidental.
L'acte le plus significatif de la politique d'ouverture menée par Mohammed VI est le limogeage, en novembre 1999 de Driss Basri, ministre de l'Intérieur d'Hassan II, et symbole de l’autoritarisme de l’ancien pouvoir. Voulant effacer les pages les plus sombres du règne précédent, Mohammed VI met également en place une commission chargée d'indemniser les victimes de la répression, tandis que de nombreux opposants rentrent au Maroc (Abraham Serfaty, la famille de Mehdi Ben Barka). Conservant le Premier ministre socialiste Abderrahmane Youssoufi, le souverain garde la haute main sur la direction de l'armée.
Surnommé « le roi des pauvres » dès les tout débuts de son règne, en raison de ses nombreux gestes de charité à l’égard des plus défavorisés, Mohammed VI est salué, à l’intérieur comme à l’extérieur, comme un « roi moderne ». Cette image de modernité est confortée en mars 2002 par l’annonce de son futur mariage avec une « fille du peuple », Salma Bennani. L’annonce publique du mariage royal constitue une véritable révolution en soi.
Quelques jours avant la célébration de ce mariage, en juillet 2002, le Maroc provoque une grave crise diplomatique avec l’Espagne en envoyant des militaires sur l’îlot Leila (ou Persil pour les Espagnols), rocher inhabité de quelque 13 hectares, situé à proximité de l’enclave espagnole de Ceuta. L’Espagne réplique par l’envoi de soldats, ce qui équivaut à une « déclaration de guerre » aux yeux de Rabat. Ce grave incident s’inscrit dans une longue série de discordes entre les deux pays, opposés sur de nombreuses questions : le sort du Sahara-Occidental, le Maroc accusant l'Espagne de favoriser les thèses du front Polisario, les questions de la pêche et de l’immigration clandestine, le dossier de la prospection pétrolière — les relations entre le Maroc et l’Espagne se sont en effet détériorées dès l’automne 2001, avec le rappel de l’ambassadeur du Maroc à Madrid à la suite de l’autorisation par le gouvernement espagnol de travaux de prospection pétrolière au large des îles Canaries, archipel espagnol situé au large des côtes marocaines. Sous l’égide des États-Unis, les deux pays parviennent à un accord sur l’îlot Persil, puis renouent leurs relations diplomatiques en février 2003.
| 2. | La transition démocratique |
Tandis que le gouvernement d’alternance d’Abderrahmane Youssoufi a permis le passage sans heurt du règne d’Hassan II à celui de Mohammed VI, la transition démocratique aboutit en septembre 2002 à la tenue d’élections législatives, les premières élections totalement transparentes depuis l’indépendance du pays en 1956. Quatorze millions de Marocains sont appelés à pourvoir les 325 sièges de la Chambre basse du Parlement pour un mandat de cinq ans — dont 30 sièges réservés aux femmes. À l’issue du scrutin qui se déroule le 27 septembre 2002, la principale formation du gouvernement sortant, l’Union socialiste des forces populaires (USFP), arrive en tête avec 50 sièges, suivie de l’Istiqlal, qui remporte 48 sièges. L’autre parti de la coalition gouvernementale au pouvoir, le Rassemblement national des indépendants (RNI), de centre droit, n’arrive, avec 41 sièges, qu’en 4e position, derrière le Parti de la
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